LES CREATEURS

pour la société : Maîtrise de St Pierre aux Liens de Bulle

 3 CHANTS

A l'aube, fô poyi
A midi, fô yetse
Au crépuscule, fô modâ

 

Traduction

A l'aube, il faut monter au chalet
A midi, il faut se bouger (litt. se lever)
Au crépuscule, il faut partir

 

Compositeur : André Ducret
Parolier : Aloys Lauper

Composition printemps 2000


fô poyi

 

Le bon Dyu no jan fê intrâ
Dan on payi yô câlè le lathi è le mê
Chôpié mon Dyu, vo le von vajilyè
Balyidè no dou bon tin
Lé-hô, préjêrvâ no di mâlà
E di j'orâdzo mêtchin.

Quand les chalets, quand les alpages
Auront succombé
Quand le fretchi et le vuarda vatsè
Auront plié bagage
Quand les vaches
Ne seront plus ni noires ni blanches
Et l'Intyamon plus très vert

Quand on aura
Oublié la patois
Comment rouler les "R"
On reconnaîtra
Toujours un fribourgeois
Dans une procession
A sa façon
De marcher au pas
Le pas chaloupé de la boille,
Notre pas
Le pas de la poya

 

Traduction
Le bon Dieu nous a fait entrer
Dans un pays où coule le lait et le miel
S'il vous plaît mon Dieu, vous le bon berger
Donnez-nous le beau temps
Là-haut et protégez-nous du mal
Et des orages méchants

le fretchi : le maître armailli chargé de la fabrication du fromage
le guarda vatsè : litt. le garde-vache, le cow-boy


fô yètse

 

I vé, i vé,
I pu pâ mé yètse
Lé mô i rin
E ou revé de la man
Chin ke fâ mé de bin
Tyé ou vêr' de vin
Lyé dou véro,
I vé, i vé !

C'est l'été
Mais c'est pas les vacances
C'est midi
Mais c'est pas un dimanche
Il faut

Chercher le maillet
Planter les piquets
Laver les baquets
Brasser tout le lait

Ranger les outils
Faucher les orties
Descendre au saloir
Fermer les tiroirs

Rincer les rochers
Chasser le brouillard
Compter les renards
Croiser son regard
Baye-mè on bê
C'est l'été
Et c'est les vacances
C'est midi
Pas pour les armaillis

 

Traduction
J'y vais, j'y vais
Je ne peux pas me bouger
J'ai mal aux reins
Et au revers de la main
Ce qui fait plus de bien
Qu'un verre de vin
C'est deux verres !
J'y vais, j'y vais


fô modâ

 

La lena è grôcha
Kemin'na farnêre
Iro to cholè pêr ink' ou bâ
Nyon m'a yu modâ
Chu mon bi modzenêre
N'in di gro chu la pokritse chta-né
In apri dè mé
Vo fari chin ke no vudré
Ora ditè-me vê la vretâ, mon Dyu
Portyè fô muri po chè fére a gabâ ?

Jonquille, Violette et Réséda
Reine des prés, gloire des alpages
Ont pris le chemin du village
Elles ne reviendront pas
L'an prochain
On verra le corbeau et le renard
Jouer à colin-maillard
Les barons du fromage
Ont perdu le goût
Des pâturages
Demain, deux ou trois loups
Touchent en héritage
Le chalet
Des Récardets

Quand le dernier armailli
Aura poussé la porte du paradis
Où irez-vous chercher mon Dieu
Quelqu'un qui veuille bien
Brasser
La voie lactée ?

 

Traduction
La lune est grosse
Comme une caisse à farine (expression patoise)
J'étais tout seul par là en-bas
Personne ne m'a vu m'en aller
Sur mon beau pâturage à génisses
J'en ai gros sur le cœur (litt. la poitrine) ce soir
Après moi !
Vous ferez ce que vous voudrez
Maintenant dites-moi voir la vérité, mon Dieu,
Pourquoi faut-il mourir pour se faire vanter ?