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l'AGCC en 75 ans

 

L'AGCC en 80 ans

Fondée dans l’enthousiasme le 13 mai 1928 à Bulle, l’Association gruérienne pour le costume et les coutumes (AGCC) n’a connu que cinq présidents :

  • Cyprien Ruffieux, dit Tobi-di-j’èlyudzo, élu en 1928

  • Raymond Peyraud, élu en 1936

  • Henri Gremaud, élu en 1951

  • Jean-Jacques Glasson, élu en 1973

  • Raymond Gremaud, élu en 1986

Henri Gremaud, cliquez pour agrandirÂgée aujourd’hui de 75 ans (en 2003, ndlr), l’AGCC ne peut présenter mieux que le regard d’Henri Gremaud, infatigable animateur du comité de l’Association durant 40 années, dont 22 en qualité de président. Ces pages d’histoire s’arrêtent en 1973, année où Henri Gremaud, gravement atteint dans sa santé, confia l’AGCC à des forces à même de «consolider le chalet». Vous trouverez ensuite quelques brefs rappels. Car la période 1973-2003, encore bien présente dans nos mémoires, n’appartient pas encore à l’histoire.

Costume, coutumes et célébrations gruériennes

Les 45 premières années de l’AGCC, vues par Henri Gremaud
« Si la constitution officielle de l’AGCC date de 1928, c’est le 20 juillet 1926 qu’eut lieu, au Musée gruérien, la première réunion groupant, sous la direction de l’historien Henri Naef, conservateur du musée, les délégués de la Société des Armaillis de la Gruyère et le comité du chœur de dames la « Caecilia » de Bulle.


« Dans une atmosphère de confiance et d’enthousiasme »
Ce sont les termes mêmes du premier procès-verbal. On parla de l’opportunité et même de la nécessité de susciter un mouvement qui groupât les sociétés portant en Gruyère le costume ancestral.

Car il y avait beau temps que divers groupements témoignaient de leur fidélité au vêtement traditionnel. La Société de Musique « Les Armaillis » d’Echarlens portait le bredzon de l’armailli dès sa fondation, en 1880. Cependant que Placide Currat, l’inoubliable ténor gruérien, le chanteur du Ranz des vaches, commençait une carrière mémorable, se créait à Bulle, l’an 1883, une Société des Coraules. Une ample délégation gruérienne en costume s’affirmait, en 1896, à l’Exposition nationale de Zurich, et, deux ans plus tard, lorsque fut inauguré, à Zurich encore, le Musée national, le contingent gruérien en costumes fut très remarqué.

En 1902, les fanfares de Charmey et de Montbovon adoptaient pour uniforme le costume de l’armailli. Le désir de rester reliés aux anciens demeurait enraciné. D’autant que s’affirmait la personnalité de l’Abbé Joseph Bovet, cet apôtre et rénovateur. Le groupe choral fribourgeois commençait, en 1918, sa conquête. En 1919 se fondait dans la cité comtale le « Groupe de costumes et Groupe choral de la ville de Gruyères ». L’élan donné ne ralentissait point : en 1920 se créait la Société des armaillis de la Gruyère.

Il fallait lier en faisceau un mouvement qui s’affirmait dans toute l’Helvétie. En 1925 naissait la Fédération suisse du Costume et notre compatriote, M. Edouard Helfer, de Lausanne, fut de ceux qui en furent le moteur. Cependant, à Châtel-St-Denis, M. l’Abbé Bernard Kolly, le « curé des armaillis », levait la cohorte de la « Caecilia » et celle des bouèbos, le Patronage St Louis. Cette année même – 1925 – la « Caecilia » de Bulle, les Armaillis de la Gruyère, les « Gruériennes » de la cité comtale, participaient à Berne, à la première Saffa.


L’AGCC sur les fonts baptismaux
Ainsi les conditions étaient-elles réunies pour susciter, au pays de Gruyère, une association du Costume. Deux ans d’approche – 1926 et 1927 – permirent de définir les structures du mouvement. La Gruyère et la Veveyse s’épaulaient. Le 13 mai 1928, l’Association gruérienne pour le costume et les coutumes (AGCC) se constituait à Bulle.

L’Abbé Bovet était nommé directeur musical ; Rose Jans et Fernand Ruffieux devenaient secrétaires ; Raymond Peyraud assumait la charge de trésorier. À l’Abbé Bernard Kolly était attribuée la vice-présidence. Henri Naef acceptait le titre de banneret. À la présidence était élu Cyprien Ruffieux, le savoureux patoisant Tobi-di-j’èlyudzo.


Les statuts de la nouvelle association étaient adoptés. L’article premier était ainsi conçu :

L’AGCC a pour but :

  1. de réveiller et de maintenir, dans un sentiment patriotique, le goût des traditions, des vieilles coutumes et du langage qui ont fait le charme et l’originalité de notre pays ;

  2. de cultiver et d’étendre les relations qui sont naturelles à un petit peuple de même race et de même langue pour manifester son attachement à la patrie ;

  3. en particulier de favoriser la renaissance ou le maintien du costume national et de l’honorer par tous les moyens et en toutes circonstances.


Cinq années d’existence

Le mouvement essaima rapidement. Les groupes s’annonçaient, nombreux. En 1930, l’AGCC s’associe aux fastes de la Fête cantonale des Musiques de Bulle, au cortège et à la création du festival « Grevîre », de l’Abbé Bovet. En 1931, 350 Gruériens s’en vont à Genève, pour participer aux fastes de la Fête nationale des costumes. Charmey reçoit, en 1932, les adeptes de l’AGCC, et le premier concours de patois y est lancé, dont les résultats sont publiés, l’an d’après, lors de la fête de Gruyères.

Mais le premier noyau s’est étendu. De tous les districts, les demandes d’affiliation affluent. L’AGCC ajoute à son signe : « … et groupements affiliés du canton ».


En pleine vie

Dès lors, l’action se poursuit, au rythme des célébrations gruériennes, cantonales et suisses. 1934 voit la Fête nationale de Montreux. En 1935 se crée le festival « Chante Grandvillard », de Joseph Bovet et Jo Baeriswyl. En la circonstance, l’AGCC tient son assemblée devant la Maison du Banneret. Aux Paccots sur Châtel-St-Denis est proclamé le 2e concours de patois, en 1936, lors d’une belle fête des costumes.

La présidence du mouvement échoit à Raymond Peyraud. Une autre réunion : Estavayer-le-Lac, en 1937. Le 10e anniversaire du mouvement est célébré à Bulle, en 1938. Sort de presse le « Botyè d’la Grevîre », qui renferme les meilleurs travaux des concours où la langue paysanne, passés les affronts qu’elle dut subir, se trouve honorée.

Viennent les journées à la fois exaltantes et lourdes, de 1939. L’AGCC participe à l’inoubliable cortège qui marque la Fête nationale des costumes de Zurich, lors de l’Exposition nationale.

Sous la présidence de Pierre de Zurich se fonde la Fédération fribourgeoise du Costume. Désormais les districts ont leur organisation faîtière. Mais l’AGCC conserve sa vie propre, fière d’avoir donné, au canton, les éléments d’une fédération.

La mutation a produit des remous ; ils s’apaiseront, au fil des ans. En 1942, la Gruyère « montera » à Fribourg, pour la Fête nationale des costumes, où sera présenté « L’aube », jeu de circonstance sur un texte d’Henri Naef.

L’après-guerre témoigne d’un sursaut. En 1946, à Bulle, la Fête cantonale des costumes voit la création, par le Chœur-Mixte, de la « Pastorale gruérienne », de Fernand Ruffieux et Carlo Boller L’an d’après, dans le cadre du Tir cantonal, est présenté le festival « Pauvre Jacques », des mêmes auteurs.


Les premières fêtes de la « Poya »

Suit une période de stagnation. En 1951, aux instances de l’Abbé Bernard Kolly, l’Association gruérienne se reconstitue. La présidence échoit à Henri Gremaud, conservateur-adjoint du Musée gruérien. Le directeur musical est André Corboz, professeur. Le mouvement est fortement représenté à la Fête nationale de Lucerne, marquant le Jubilé fédéral des costumes.

Le 25e anniversaire de l’AGCC est célébré à Bulle, en 1953. Les circonstances amènent, au Musée gruérien, l’inauguration de la Chambre du souvenir, dédiée à l’Abbé Bovet, le barde qui décéda le 10 février 1951. Le « Jardin des souvenirs » y est présenté à la mémoire de Joseph Bovet, Carlo Boller et Georges Aeby, compositeurs décédés. Un grand cortège parcourt la cité bulloise.

L’an 1956 voit, à Estavannens, la première Fête de la « Poya » (réd. imaginée et concrétisée par Henri Gremaud et André Corboz). Elle soulève les enthousiasmes, et qui suscitera des rééditions, étonnantes par la qualité d’émotion et l’afflux des spectateurs, en 1960 et 1966.

Les célébrations se suivent, marquant l’emprise du mouvement. En 1956, c’est encore l’organisation, par l’AGCC, de la première Fête des patois romands, à Bulle. Et, en 1957, en des journées empreintes d’une exceptionnelle ferveur, c’est l’inauguration, au chef-lieu gruérien, du monument élevé à la mémoire de l’Abbé Bovet, et à laquelle l’AGCC prend une part prépondérante. Un immense cortège (on n’en reverra sans doute plus de pareil) constitue l’hommage des communes au barde gruérien.

Il n’est guère de célébrations, au pays de Gruyère, où l’AGCC n’ait apporté sa présence. La Fête cantonale de chant, en 1963, voit la création à Bulle, du festival « Terre de Gruyère » (réd. texte Henri Gremaud et musique Pierre Kaelin) et, du même coup, une Fête cantonale des costumes assortie d’un grand cortège.

L’année 1964, celle de l’Exposition nationale, sollicite particulièrement l’AGCC. Soit pour la journée fribourgeoise, soit à l’occasion de la Fête nationale des costumes, l’AGCC marque la présence de la Gruyère. Le mouvement du costume s’associe aux Musiques fribourgeoises, en 1965, pour mettre sur pied deux grands cortèges, dont l’un – innovation au pays romand – en nocturne.

En 1968, à l’occasion d’un jumelage avec le Tir cantonal, l’AGCC fête son 40e anniversaire. Deux grands cortèges marquent ces festivités, avec la participation de plusieurs groupes étrangers. L’entreprise vaut plus de succès (ralliement de la fanfare « L’Appel du Manoir », de Gruyères, et de la fanfare d’Avry-devant-Pont), que d’argent ! En 1970, la société des armaillis de la Gruyère fête son cinquantenaire. En 1972, c’est au tour des Coraules bulloises de célébrer leur 25e anniversaire en organisant un 1er festival folklorique international.

Mais la mort a frappé. Si Joseph Bovet, si l’Abbé Bernard Kolly, si Carlo Boller, si le vénéré Tobi-di-j’èlyudzo, si Henri Naef, si André Corboz nous ont quittés, nous devons reconstruire.

…Il nous reste à consolider le chalet, à reconstituer nos cadres, dans l’esprit qui conduisit les fondateurs. À cette tâche, promesse pour l’avenir, l’AGCC doit maintenant vouer un élan nouveau, avec des forces où la jeunesse s’alliera aux anciens. Henri Gremaud, 24.1.1973


L’AGCC, de 1973 à 2003

Trois décennies fécondes

Dès 1974, Jean-Jacques Glasson a instauré les assemblées générales tournantes. Elles sont lieu désormais non plus seulement à Bulle, mais dans les villages où les sociétés de l’AGCC sont actives, ce qui donne lieu chaque fois à des prestations de la société hôte, fort appréciées par les délégués.

Jean-Jacques Glasson a aussi introduit le prêt de costume, de façon à favoriser le port du costume du pays par les enfants à l’occasion du Premier Mai. Depuis, le nombre de costumes d’enfants à disposition s’est considérablement agrandi et le prêt fonctionne à l’année, embellissant de très nombreuses fêtes.

Pour le reste, voici les grandes dates de l’AGCC

  • Les célébrations de la « Poya » à Estavannens (1976, 1989 et 2000, ces deux dernières sur deux jours)

  • 1977, 20e anniversaire du monument Bovet et reprise de « Grevire »

  • 1978, 50e anniversaire de l’AGCC, publication d’une plaquette, reprise de « La pastorale gruérienne », cortège

  • 1981, 500e anniversaire de l’entrée de Fribourg dans la Confédération

  • 1988, 60e anniversaire de l’AGCC, « chanterie » sur le pâturage, à La Roche

  • 2002, instauration des « Ateliers découvertes » pour favoriser les échanges en matière de musiques traditionnelles.

L’AGCC affiche maintenant trois quarts de siècle, ce qui ne l’empêche pas de grandir constamment pour atteindre une quarantaine de sociétés membres. Ces dernières témoignent d’une vitalité marquée par des prestations parfois extrêmement ambitieuses : festival international de folklore, festival avec création de texte et musique, Grande Coraule, cortèges prestigieux, Fête des vignerons, Rencontres théâtrales, acquisition et animation d’un lieu théâtral. Les voyages au bout du monde se multiplient. Et c’est sans compter les concerts et les concours, parfois internationaux. Nos sociétés y recueillent des lauriers qui font la fierté du pays.


NB.- Le site Internet de l’AGCC évoluera de façon à faire mieux connaître le riche apport de ses sociétés au patrimoine de la Gruyère.

 

 
   
 
 
Sponsor de la Grande Coraule
 

Association gruérienne pour le costume et les coutumes
Gabriel Chappuis - Rue des Colombettes 8 - CP 32 - 1632 Riaz - 079 542 46 58

Lyoba